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mercredi 21 mai 2014

Les traductions, c’est le discours du monde

Claude Viry, correspondant à Saint-Dié-des-Vosges (88)

À l’occasion du Festival international de Géographie 2013, à Saint-Dié-des-Vosges, une journée des professionnels du livre s’est déroulée sous l’égide du Centre régional du Livre de Lorraine*. Le titre général était « Les traducteurs, passeurs de langues ». L’intervention la plus importante, « Des belles infidèles à l’École de traduction littéraire : parcours et avenir de la traduction littéraire en France », était celle d’Olivier Mannoni, ancien président de l’Association des traducteurs littéraires de France et directeur actuel de l’École de traduction littéraire. Depuis une trentaine d’années, ce conférencier a traduit environ deux cent œuvres de langue allemande. Il a livré un état des lieux, en France, de cette activité méconnue.

Situation éditoriale de la traduction en France

L’activité de traduction représente une réalité économique importante. Sur 60 000 ouvrages publiés chaque année, 10 000 sont des traductions, dont 4 000 sont inédites. Les nouvelles traductions représentent 15 % environ de la production totale d’ouvrages, et même jusqu’à 40 % dans certains secteurs éditoriaux. L’importance de cette activité est particulièrement évidente lors de la Foire internationale du livre de Francfort, lieu de vente et d’achat de droits portant sur les œuvres écrites dans diverses langues. En France, la répartition par langues est la suivante : l’anglais arrive en tête (60 % des ouvrages traduits, 2 500 titres par an), puis vient le japonais, en raison de la prolifération des mangas (un millier de titres et quatorze millions d’exemplaires d’albums). En troisième position suivent l’allemand (env. 750 titres), l’espagnol et l’italien (entre 300 et 400 titres chacune). Loin derrière le russe, les langues scandinaves, le chinois, l’arabe, les langues de l’Inde, celles de l’Est européen (albanais, bulgare, roumain, grec moderne) et des pays de la Baltique donnent lieu à des traductions en nombre variable d’une année à l’autre, en fonction des événements éditoriaux et des effets de mode. Par exemple, le suédois et l’islandais sont actuellement plus souvent demandés en raison des besoins de traduction des romans policiers (ceux de Henning Mankell en particulier). Le chinois est prisé depuis l’attribution du prix Nobel de littérature à GAO Xingjian en 2000 et à MO Yan en 2012. Une grande lacune existe en ce qui concerne les langues africaines (haoussa, swahili, etc.) dans lesquelles ne travaille quasiment aucun traducteur français. Ainsi, lorsqu’une œuvre a été écrite dans certaines langues rares, on recourt parfois à la re-traduction d’une traduction réalisée d’abord en anglais.

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jeudi 15 mai 2014

Revue N°249

SOMMAIRE

2 Éditorial

Les beaux jours, Véronique Delarue

3 Tribune libre

Plagier n’est pas penser, Sylvie Leclerc-Reynaud

7 Macroscopie

Les traductions, c’est le discours du monde, Claude Viry

10 Pédagogie

Quand la BD s’invite au lycée, Philippe Couannault

14 Thèmalire

Ces romans qui jouent avec nos nerfs !, Yannick Denoix

17 Le Cahier des livres 

De la page 17 à la page 56 : analyses critiques en littérature jeunesse pour le collège et en littérature générale pour le lycée.

42 Gros plan sur…

Stanislas Gros, par Sandrine Leturcq

46 Notes de lecture

L’alliance de la cybernétique et de la communication par Daniel Moatti

57 Ouverture culturelle

Agriculture et alimentation, Florie Delacroix

63 Fiche InterCDI

Plagiat et citation, Sandrine Leturcq

64 Multimédia

L’enseignement numérique à distance, Daniel Fondanèche

Veille numérique, Daniel Fondanèche

71 Suggestions

Culture Pro, Daniel Fondanèche

Les éditeurs vous informent de leurs parutions

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