Intercdi

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jeudi 18 décembre 2014

Outils collaboratifs en situation scolaire - Entre discours idéologiques et réalités sociales

Anne CORDIER, Maître de Conférences en Sciences de l’Information et de la Communication ESPE – Université de Rouen

L’avènement du Web 2.0 – et des outils collaboratifs liés particulièrement en voie de développement – constitue une nouvelle étape dans les réflexions menées autour de l’enseignement au sein de la société dite de l’information et de la communication. Ces outils sont massivement loués pour leurs potentialités en termes de dynamisation des échanges, de développement de situations pédagogiques innovantes, et de pratiques info-communicationnelles. Qu’en est-il réellement ?

Nous souhaitons ici analyser la forte teneur idéologique des discours d’accompagnement relatifs aux outils collaboratifs du Web 2.0, et dépasser ces discours pour pointer les enjeux de l’intégration de ces outils, et plus spécifiquement de la culture de la participation et de la collaboration, aux situations d’enseignement-apprentissage. Nous proposons de confronter ces éléments aux pratiques numériques des adolescents, en nous interrogeant sur la place effectivement prise par la dimension participative et/ou collaborative dans ces pratiques.

L’ensemble de notre propos repose sur des investigations de terrain que nous menons sur la durée au sein d’établissements scolaires, depuis 20081. Des enquêtes qui consistent à tenter de saisir le plus finement possible les logiques d’action des acteurs observés, et à considérer ensemble élèves et enseignants dans les situations d’enseignement-apprentissage, conçues comme des situations de co-construction des savoirs. Nous mettons alors en place une recherche qualitative combinant plusieurs techniques d’enquête : observation de situations informationnelles complexes engageant un travail collectif (exemple des TPE), observation de situations d’enseignement au numérique, observation de situations info-communicationnelles dans et hors l’école (projet Anglais-Documentation en Terminale, amenant les élèves à récolter de l’information en dehors du temps scolaire, mais également lors d’un voyage à Londres) ; cette technique de l’observation est complétée par des entretiens informels, d’explicitation, avec les acteurs observés, afin de faire verbaliser les processus mis en œuvre, et des entretiens semi-directifs avec des élèves comme des enseignants pour approfondir les éléments repérés, et permettre aux acteurs de s’exprimer pleinement sur leurs ressentis et leurs pratiques.

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dimanche 14 décembre 2014

Revue N°252

252_couv.jpg SOMMAIRE

3 Éditorial
Déception, Véronique Delarue

4 Notre fonction
Canopé discrédité, La Rédaction Infortunes et divagations d’un chercheur dans le monde des CDI, Françoise Chapron

18 Culture pro
Éducation aux médias et à l’information, Véronique Delarue

20 Les fondamentaux
L’Apparition du livre, par Lucien Febvre et Henry-Jean Martin, Daniel Moatti

22 Macroscopie
IFLA Lyon 2014, Danielle Martinod et Martine Ernoult

27 Pédagogie
Concevoir et diffuser un magazine TV, par les jeunes et pour les jeunes, Cécile Arfi et Gabrielle Cassier

31 Les fiches intercdi
Rédiger une fiche biographique, Sandrine Leturcq

32 Gros plan sur...
Muze, Entretien avec Stéphanie Janicot par la Rédaction

36 Ouverture culturelle
La Guerre d’Algérie, Sandrine Leturcq

40 Thèmalire
Formidables talents ! Yannick Denoix

43 Multimédia
Outils collaboratifs en situation scolaire, entre discours idéologiques et réalités sociales, Anne Cordier

lundi 13 octobre 2014

L’esprit steampunk dans le numérique

Par Olivier Le Deuff, Maître de conférences à l’université Bordeaux Montaigne, (33)

Le steampunk est au départ un genre littéraire, marginal, une sorte de rétrofuturisme. Il désigne une uchronie, un changement dans le cours de l’histoire en introduisant des technologies nouvelles à l’époque industrielle, notamment victorienne où les machines à vapeur sont omniprésentes. Le steampunk imagine par exemple une nouvelle ère victorienne avec des machines intelligentes issues de l’algèbre de Boole, et des travaux de Charles Babbage.

Pourquoi dès lors rapprocher numérique et steampunk ? Tout simplement parce que l’esprit de ce dernier est quelque peu ancré dans le numérique avec un mélange de genres parfois complexe à résoudre, avec des usages anciens qui sont bousculés par des technologies nouvelles. En effet, nos habitudes de travail intellectuel sont en fait fort anciennes, elles ont certes évolué, mais elles n’ont pas été autant révolutionnées que l’on croit.

Dès lors, l’introduction du numérique apparaît comme l’élément nouveau qui déclenche une nouvelle écriture de l’histoire et une réinterprétation de nos pratiques. Nous sommes donc en présence d’un phénomène steampunk dans la mesure où nous continuons à travailler avec des modèles hérités du xixe s. et bien évidemment des siècles précédents. Ce constat a été fait par plusieurs chercheurs dont Paul Bertrand1 et Andrew Reinhard qui constatait que : « l’entreprise actuelle de publication scientifique est d’essence steampunk, le xxie siècle travaille avec les modèles du xixe s.2 ».

D’une certaine manière, nous sommes effectivement en plein steampunk, même si nous n’en sommes pas conscients, car nous n’avons pas su pleinement tirer les leçons du passé pour évoluer et pour dégager un nouveau design existentiel.

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