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vendredi 31 mars 2017

L’abolition de la peine de mort

Par Claudine Chassaniol et Gabriel Giacomotto

Élu Président de la République française en 1981, François Mitterrand applique une de ses promesses de campagne : l’abolition pure et simple de la peine de mort. Le 17 septembre 1981, Robert Badinter, garde des Sceaux, avocat de formation et opposant de longue date à la peine de mort, livre devant l’Assemblée nationale la remarquable plaidoirie qui conduit à ce vote : « Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées ». Mais ce combat n’est pas uniquement le sien ; il a duré deux siècles jalonnés de multiples débats à l’Assemblée nationale dès 1791, et a été mené par des personnalités humanistes telles l’italien Beccaria, Montaigne, Victor Hugo, Condorcet, Camus. La constitutionnalisation de l’abolition de la peine de mort en 2007 symbolisera son refus absolu. La France est cependant loin d’être l’un des premiers pays à avoir aboli la peine de mort ; c’est au Vénézuela en 1863, à Saint- Marin en 1865 et au Costa Rica en 1877 que revient cet honneur. D’autre part, de nombreux pays, et pas des moindres (États- Unis, Chine, entre autres) ont refusé de signer les conventions internationales visant à son abolition universelle. Le combat est donc toujours d’actualité.

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mercredi 8 février 2017

La Joie de lire fête ses trente ans !

Entretien avec Francine Bouchet, par Isabelle Grout

__« La Joie de lire », un joli nom et une belle ambition pour une maison d’édition. Et de l’ambition, de la passion, il en fallait à Francine Bouchet, l’éditrice, pour reprendre en 1981 la librairie fondée à Genève en 1937 par Paul Robert, l’une des premières spécialisée en littérature jeunesse, et en faire la maison d’édition que l’on connaît aujourd’hui, foisonnante d’idées, de talents et d’ouvrages primés.__

La Joie de lire, c’est donc déjà une belle et longue histoire. J’ai l’impression étrange de l’avoir toujours connue. C’est souvent comme cela avec les institutions qui s’installent tranquillement dans votre paysage, et dont les productions vous accompagnent. Qu’importe l’âge du lecteur et la taille de la maison, pourvu que le livre soit beau et inattendu. L’audace en la matière est rarement l’apanage des grands. « Audace », l’un des mots d’ordre de Francine Bouchet : « audace, qualité, créativité, originalité », avec comme valeurs affirmées « aiguiser les curiosités, montrer les multiples possibles de l’art, et éduquer le goût dès le plus jeune âge », ce dont elle ne s’est jamais départie.

Ses premières publications seront des documentaires novateurs et expérimentaux : un premier titre Corbu comme le Corbusier, qu’elle signe avec Michèle Cohen et Michel Raby, suivi, en 1988, d’une première collection, Connu-méconnu, tout de suite remarquée et déjà récompensée par le prix Saint-Exupéry pour Mozart, de Christophe Gallaz (texte) et Georges Lemoine (illustrations). Parallèlement, la même année, elle creuse la veine littéraire en créant la collection Récit, où trouveront place à la fois des auteurs de proximité, suisses francophones comme Anne-Lise Grobéty et Eugène, et des auteurs étrangers de renom : les Italiens Gianni Rodari et Béatrice Masini, le Basque Bernardo Atxaga, l’Allemande Jutta Richter, la portugaise Alice Vieira ou le Franco-Algérien Azouz Begag, dont le livre La Force du berger, remporte le Prix européen de la littérature jeunesse. Coups d’essai, coups de maître. C’est que la petite maison d’édition voit grand, et loin, la passion des livres et de la lecture n’ayant pas de frontières. Et elle a raison. Dès le départ, elle attire à elle de grands noms, qui vont certes asseoir sa réputation, mais qu’elle va aussi permettre de (re)découvrir sous un jour inattendu, alliant le souci de « transmettre un patrimoine culturel » et celui de créer quelque chose de nouveau.

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vendredi 25 novembre 2016

Le sida dans les romans pour la jeunesse

Par Violaine Beyron

Le VIH/sida est une maladie aux multiples représentations, et on ne l’appréhende plus de la même manière aujourd’hui que dans les années 1980 ; on ne vit pas avec en Europe comme on peut le faire en Afrique ; on ne l’accepte pas de la même façon selon son âge et son entourage. Chaque contamination est différente, chaque malade aussi. La littérature de jeunesse semble l’avoir compris et c’est pourquoi chacun des romans abordant ce thème-là parvient à le faire de manière variée. Ces personnages, malades ou non, adultes, adolescents ou enfants, participent à illustrer une certaine partie de la réalité de la maladie, permettant ainsi aux jeunes lecteurs, à travers ces histoires individuelles, de mieux visualiser l’étendue de l’épidémie.

L’enfant et l’adolescent malades du sida

La contamination avant l’âge adulte, parfois même dès la naissance, pose des problèmes spécifiques et nécessite une approche à part. Le développement social et psychologique n’est pas le même pour un enfant séropositif que pour un enfant sain dans la mesure où son rapport à soi et aux autres est forcément perturbé par son statut. C’est d’ailleurs à cet aspect que s’intéresse la littérature de jeunesse, puisqu’elle favorise clairement dans ses romans la question des rapports sociaux plutôt que celle de la médicalisation de la vie des malades.

Les personnages malades présentés dans ces romans sont en partie des enfants ou des adolescents entrés en contact avec le virus lors d’une transfusion sanguine, et c’est à la suite d’un accident que Miette, Jérémy et Thomas ont reçu le sang contaminé d’un autre. Dans Tellement tu es ma soeur ! de Clotilde Bernos, le narrateur, le petit frère de Miette, Tom, décrit avec son regard d’enfant la maladie d’une soeur condamnée parce que contaminée à une époque où les traitements permettant de garder les patients en vie n’existent pas encore. Ce texte aborde alors, comme de nombreux autres, la crainte de ces jeunes personnages de devoir faire face au décès plus ou moins rapide de l’un de leurs proches. C’est ainsi que Tom s’étonne, lorsque Miette lui apprend qu’elle ne guérira pas et alors qu’elle « rétrécit de jour en jour » (p. 8) ; il n’imagine pas que sa soeur puisse mourir.

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