Par Claudine Chassaniol et Gabriel Giacomotto

Élu Président de la République française en 1981, François Mitterrand applique une de ses promesses de campagne : l’abolition pure et simple de la peine de mort. Le 17 septembre 1981, Robert Badinter, garde des Sceaux, avocat de formation et opposant de longue date à la peine de mort, livre devant l’Assemblée nationale la remarquable plaidoirie qui conduit à ce vote : « Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées ». Mais ce combat n’est pas uniquement le sien ; il a duré deux siècles jalonnés de multiples débats à l’Assemblée nationale dès 1791, et a été mené par des personnalités humanistes telles l’italien Beccaria, Montaigne, Victor Hugo, Condorcet, Camus. La constitutionnalisation de l’abolition de la peine de mort en 2007 symbolisera son refus absolu. La France est cependant loin d’être l’un des premiers pays à avoir aboli la peine de mort ; c’est au Vénézuela en 1863, à Saint- Marin en 1865 et au Costa Rica en 1877 que revient cet honneur. D’autre part, de nombreux pays, et pas des moindres (États- Unis, Chine, entre autres) ont refusé de signer les conventions internationales visant à son abolition universelle. Le combat est donc toujours d’actualité.

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